mercredi 2 avril 2008

Arts plastiques, arts appliqués

Chanon Anaïs


« Vous ferez une recherche sur la question de l'art »

Le mot était lâché. Mais qu'est ce que l'art, Quelles sont les différences entre arts plastiques et arts appliqués? Qu'ont-ils en commun?. Qu'est-ce qu'un artiste, qu'est-ce qu'un designer? Comment l'artiste, son statut et le statut de sa production ont-il évolué?

Il faut donc, à partir d'exemples, expliciter les différences et les convergences entre arts plastiques et arts appliqués.

Bon, pour ne pas me laisser égarée trop longtemps, je décide de saisir intuitivement tous les ouvrages qui me semblent pertinents, en espérant qu'il éclaireront ma lanterne. J'en ouvre un premier, Vies, mode d'emploi, hors série Beaux arts magazines n°14. Je parcours brièvement le sommaire et lis cet intitulé « Habiter une oeuvre d'art ». Je suis attirée par cette phrase qui me semble totalement paradoxale. Une oeuvre d'art peut-elle avoir pour fonction d'être habitée? L'article qui suit prend l'exemple de la « Womb House » de Van Lieshout. Cette « maison utérus » produite en série très limitée, propose une vision de la maison utopiste. Pour la modique somme de 100 000 euros (dans la réalité beaucoup plus), elle propose de confort nécessaire ( chauffage toilettes, salle de bain...)

Cette réalisation me paraît illustrer le moment où arts plastique et arts appliqués se rencontrent, permettant, selon moi, de faire réfléchir à l'habitat. C'est une oeuvre qui questionne.

Les deux domaines pourraient donc se nourrir.

Je referme ce hors série qui me laisse perplexe et, en quête d'une réponse toujours plus précise, je consulte un livre dont le titre reflète mon questionnement: Qu'est ce que le design aujourd'hui? ed. beaux arts magazine. Selon l'auteur, Claire Fayolle, le design suppose « une recherche entre forme et fonction ». Mais elle insiste également sur la complexité de ce domaine qui englobe des productions en grande série et en série limité.

Aurions nous alors un problème de vocable?


Le noeud du problème serait donc, le statut des productions à petite échelle qui sont des expérimentation, des objets manifestes qui provoquent et questionnent en opposition aux productions de masse, qui sont destinées au plus grand nombre; dans ce cas, on pourrait donc parler de « vrai design ».

Mais alors quelle est la limite entre oeuvre d'art et objets produits en petites série?

L'article qui suit s'intitule « du designer à l'artiste ».
« La laideur se vend mal ». Cette phrase, prononcée par Loewy au moment de la crise des années 30 aux USA, suggère que le le « beau » se vend mieux que le « laid ». Cette notion, tellement subjective souligne l'analogie qu'il existe parfois entre design et production plastique. Comme si l'utilisateur d'un objet devenait également spectateur de l'esthétique des formes. Ne perd-t-on pas alors l'essence du design soit « la forme suit la fonction »?

En y réfléchissant, mon esprit divague et mes yeux se pose sur un ouvrage Starck, ed .tashen

Plébiscité par les uns, critiqué par les autres, j'ai toujours eut du mal à cerner ce designer. On dit de lui qu'il met en scène son ego au lieu de produire des objets utiles et fonctionnels. Son statut semble donc plus proche de celui d'un artiste que d'un designer. Je décide néamoins de lui laisser une chance et lit son interview en fin de livre: édifiant! Ce texte a des allures de remise en question. Coup de pub ou non, il parle de son travail , des erreurs qu'il, et les autres designers de son époques, pensent avoir fait. Il souhaite désormais s'intéresser à un design pour tous qui refuse les lois de la surconsommation. Il précise bien que le rôle d'un designer aujourd'hui est bien de penser aux autres et non à soi, ne plus exprimer ses envies mais se mettre au service des autres, de leurs besoin, de leur bien être.

Une phrase de Tapiès me revient en mémoire « les artistes sont les médecins de la tribu »

Ils doivent mettre en exergue le mal de leurs contemporain pour mieux les soigner. Les artistes sont donc eux aussi investit d'un mission de « biens être » de leurs semblables mais pas dans les même mesure, pas avec les mêmes moyens.

Bien, la distinction entre arts appliqués et arts plastiques me sembles plus claire désormais. Le premier domaine apporte une réponse fonctionnelle au quotidien , pour répondre à des besoins alors que le second naît d'une pulsion personnelle d'un être , d'une nécessité de se développer.
Néamoins, la frontière se faits parfois plus mince pour plus de richesse dans les productions.

02/04/2008