dimanche 20 janvier 2008

Autour de ... LOTTO

Lorenzo Lotto, Portrait d’un couple marié, 1543.
Huile sur toile, 96 x 116. musée de I’Ermitage, Saint-Petersbourg
[60 in Savoirs Secrets, David Hockney SEUIL 2001]



par
Chloé 15/01/08

Entre mes mains, l’image de eux époux, plus précisément, le Portrait d’un couple marié, de Lorenzo LOTTO. Quelle vie pouvait mener le peintre à l’époque ? Qui commandait ses toiles ? Que représentait-il et suivait-il le courant de son époque ? C’est tout cela que je vais essayer d’éclaircir…

Je commence donc ma recherche, comme souvent, sur BCDI, qui, par chance me trouve un (unique) ouvrage concernant la vie de Lotto. Il s’agit du Beaux-Arts M. 155. J’y apprend notamment que le jeune vénitien ( et oui, il était italien, comme la plupart des peintres reconnus de l’époque, mais je vais y revenir) quitta la Sérénissime pour sillonner les autres villes italiennes et se faire un nom. Ses commanditaires étaient souvent des familles ( surtout pour les représentations de jeunes mariés dans lesquelles il glissait des annotations plus ou moins grivoises). Il était aussi beaucoup sollicité par l’Eglise. Sa personnalité dévote l’influença dans ses choix picturaux. Cependant ; à l’instar des sous-entendus dans ses peintures de couple ; il installait un élément souvent très dérangeant dans ses tableaux religieux. Les climats intrigants qui ressortent de ses œuvres créent son apparence étrange aux yeux de l’Italie. Mais celles-ci se vendent et s’achètent car elles ne sont pas provocatrices au point d’être assimilées à des blasphèmes. Les tendances du développement artistique de cette époque du XVIème ont aussi favorisé son succès : on pouvait permettre aux artistes d’inclure des messages ; même pas toujours bien saisis par l’observateur ; dans les tableaux.

Je me suis aussi intéressée aux idées de la Renaissance car, comme son nom l’indique, le renouveau de la société est en marche ; Lotto vit une époque charnière pour les Arts et l’Intellect. Retour sur BCDI, qui, cette fois, me propose (avec beaucoup de perspicacité ! ) le n°274 de L’Histoire. Les informations que j’y trouve concernent surtout la ville de Florence. De toute manière, la Renaissance est d’abord et surtout italienne. Alors, j’ai lu. J’ai redécouvert l’époque des mécènes ( grandes familles qui, pour faire briller leur prestige, employaient et développaient les carrières des peintres, sculpteurs, philosophes ou médecins…qui rendaient gloire aux pontes qui finançaient leur talent). Les Médicis en furent d’excellents exemples à Florence. L’Humanisme est à la mode. Ce courant de pensée visait à placer l’homme au centre des préoccupations des Arts et des Sciences. Ainsi, de nouvelles techniques furent découvertes telles la camera obscura ou encore le sfumato ( succession de plusieurs voiles de peintures : pour souligner mais rendre discrets les contours des éléments peints) créé par De Vinci. D’ailleurs, Lorenzo Lotto refusait d’utiliser cette dernière.

Lotto, sa peinture, sa technique sont parfois en contradiction, avec la Renaissance, mais la plupart du temps, celui-ci sert la cause de cette époque formidable…