samedi 24 novembre 2007

Adolphe MOURON, dit Cassandre

Joana GOUIN
Le 25/10/07

J’aimerais m’informer sur Cassandre, sur ses affiches car j’en connais quelques unes. Je souhaiterais savoir qu’elle a été sa carrière et s’il n’a réalisé que des affiches.


Adolphe MOURON, dit Cassandre, naît en 1901 en France. C’est à l’âge de 22 ans qu’in entre dans le monde de l’affiche. Il réalise l’affiche publicitaire d’un magasins de meubles « Au Bûcheron » et par cette affiche il vient de trouver le moyen inespéré de retrouver un contact perdu avec un large public à cette époque.
Dès 1927, c’est l’âge d’or de Cassandre. Il réalise l’affiche publicitaire du transport ferroviaire français en utilisant des images puissantes, en magnifiant la machine, en incarnant littéralement la vitesse et le progrès. En 1932, il crée l’affiche très connue du paquebot transatlantique et réalise, la même année, le triptyque publicitaire pour la marque DUBONNET. Pour cette publicité, sa trouvaille du séquençage, de la sobriété des formes, de l’usage de la silhouette, des lignes dynamiques obliques et diagonales, de ses couleurs à peine brossées et sa première image « en chantier » lui assurent le succès et la pérennité de cette marque d’alcool longtemps après sa disparition commerciale.
En 1936, à seulement 35 ans, Cassandre part aux Etats-Unis et accepte la proposition du Harper’s Bazar de concevoir des couvertures de magazines. Durant cette période (1936-1938), il essaye de conquérir la communication visuelle de ce pays car elle lui semble basique. Ce qu’il réalisera laissera la population américaine totalement insensible.
Il rentre à Paris en 1942 et se lance dans deux portraits (Channel et Pierre Renerdy), puis réalise des décors de théâtre. La conception des costumes et des décors de « Don Giovanni » de Mozart en 1957 fait décoller sa notoriété. En 1959, sa conception des décors des tragédies de Racines jouées à la Comédie Française est très critiquée, ce sera son dernier chantier. Désenchanté, Cassandre se réfugie alors dans la création typographique pour les machines à écrire OLIVETTI et travaille également pour Yves Saint-Laurent.
En janvier 1967, à l’âge de 66 ans, peu avant de se donner la mort, Cassandre écrit : « Aurais-je donc à jamais perdu ce don d’émerveillement, cette ardeur parfois frénétique, qui me faisait flamber jusqu’à l’achèvement de l’ouvrage… ».

Cassandre fait partie de l’inconscient collectif hexagonal. Il a réussi l’exploit d’imprimer ses images dans les mémoires.


Source :
• L’œil n°570 06/05 (p 64)